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Take me to church, Hozier

Difficile de définir quelle fut la meilleure chanson de 2014. Il y eut l'incontournable Happy, le glaçant Chandelier, mais aussi en fin d'année, Take me to church de Hozier, un musicien irlandais. Inspirée du poème de Fulke Greville Chorus Sacerdotum et du travail de Christopher Hitchens, cette chanson engagée dénonce la répression de l'homosexualité en Russie. Dans le clip original, d'un noir et blanc saisissant, on peut voir le destin tragique d'un homosexuel, tabassé par des hommes cagoulés après qu'ils aient appris son orientation sexuelle, le tout devant le regard impuissant de l'homme qu'il aime, arrivé trop tard.

Toutefois, ce n'est pas ce clip qui nous intéresse mais celui réalisé par David LaChapelle, réalisateur et photographe américain, connu pour son travail dit "glam-sex", empreint de surréalisme et d'érotisme. Pour cette nouvelle version de Take me to church, il met en scène le danseur étoile ukrainien Sergei Polunin dans un clip de danse néo-classique chorégraphié par Jade Hale-Christofi. Je vous laisse découvrir son parcours atypique dans un de mes articles précédents en lien ci-dessous.

Torse nu, laissant apparaître son corps tatoué, juste vêtu d'un bas de justaucorps couleur chair, le danseur se livre à une interprétation mélangeant le contemporain et le classique dans une église immaculée, sans fenêtre, laissant apparaître une lumière naturelle et la nature environnante. On voit ici tout le talent de David LaChapelle tant la photographie est belle. Puis il y a Sergei Polunin. Il est à la fois aérien, multipliant pirouettes et sauts lors des envolées lyriques de la chanson d'Hozier, mais multiplie aussi les mouvements au sol, tout en étant attiré par les airs, comme s'il fallait toujours se relever, aller de l'avant. C'est lui qui, par ce qu'il est tout d'abord, par son image atypique, loin de celle lisse des danseurs classiques, puis par son interprétation, qui donne toute la violence, toute la puissance émotionelle à ce clip. Polunin joue parfaitement cet être torturé, ne sachant que faire. Il ajoute un frisson supplémentaire à cette chanson. Lui qui veut faire carrière à Hollywood, une telle interprétation devrait lui ouvrir des portes dans le monde du cinéma.

Hozier, après avoir visionné ce clip, s'est dit "renversé" par le clip de LaChapelle et de Polunin. Qui ne le serait pas!

Tag(s) : #Clip, #Analyse

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