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Contact: on a perdu la clef.

Qu'il était prometteur ce Contact du chorégraphe Philippe Decouflé. Imaginez-vous qu'on avait réservé notre place depuis des mois .Avec titre en forme de clin d’œil au Kontakthof de Pina Bausch, le projet de Contact est un spectacle qui se veut un hommage à la comédie musicale, de Broadway à Hollywood en faisant un crochet par Bollywood et le cinéma de Demy. Le tout se veut un « art total », mélangeant les arts visuels : la danse, le théâtre, le cirque, les illusions d'optique. Cerise sur le gâteau, quelques années après la superbe musique d'Octopus, Decouflé collabore de nouveau avec Nosfell et Pierre Bourgeois. Du Decouflé dans le texte, ça ne pouvait être que parfait. Oui mais...

Contact: on a perdu la clef.

L'idée de départ est amusante, avec une référence appuyée à Phantom of paradise de De Palma, puisque l'on assiste aux répétitions d'une adaptation du Faust de Goethe. Nous sommes dans du métathéâtre. On oscille entre deux niveaux : parfois les acteurs jouent le rôle des acteurs, d'autres fois, ils jouent leur personnage qu'ils devraient jouer dans cette pièce dans la pièce. Decouflé s'amuse de cette confusion avec l'un de ses personnages qui ne sait jamais s'il doit nommer l'un de ses partenaires « Jean-Claude » ou « Faust ». Cette confusion, aussi drôle soit-elle, devient plus fâcheuse quand elle touche le spectateur, qui entre théâtre et métathéâtre et les réflexions métaphysiques se retrouve complètement perdu devant l'intrigue décousue et finit par ne plus suivre l'histoire et regarder les belles images défiler devant lui.

Contact: on a perdu la clef.

C'est l'un des points forts du spectacle : on retrouve l'univers fantasmagorique de Decouflé. On retrouve des acteurs loufoques, des costumes extravagants, un décor de toute beauté, aux forts accents d'expressionnisme, de la folie et de la poésie. De beaux tableaux avec des effets visuels très réussis, une danseuse seule sur scène se démultiplie par la magie du kaleïdoscope, les membres s'étirent et disparaissent...D'autres moments sont vraiment très beaux comme ses danseuses s'élevant dans les airs à l'aide de rubans, héritage des années circassiennes de Decouflé. Les références aux comédies musicales sont assez nombreuses. Outre la référence à Phantom of Paradise, on voit un hommage à Que le spectacle commence, un autre à Fred Astaire et Gene Kelly, on assiste à une scène de combat sur un terrain de basket, allusion très appuyée à West Side Story. Est-ce pour autant un hommage aux comédies musicales ? On ne sait pas trop. Tout est trop confus, diffus, trop référencé pour toucher le grand public. Puis qui dit comédie musicale dit danse. C'est là que le bât blesse. A vouloir faire un art total, mélangeant en vrac, théâtre, cirque, magie, cinéma, musique, il laisse la danse de coté. Reste la musique de Nosfell et de Pierre Bourgeois. Leur musique pop, tantôt tonitruante, tantôt envoûtante est un pur régal. La musique de Nosfell est un écrin qui aurait mérité un plus beau bijou.

Contact jouit d'une musique sublime, de belles images, d'acteurs sympathiques, mais à la fin du spectacle, qu'en reste-t-il ? Pas grand chose, la faute à une trame vraiment trop confuse et qui ne répond pas à nos attentes : un hommage à la comédie musicale.

Tag(s) : #Spectacle, #Critique

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