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Let's dance: quel pied!

La série étant diffusé tard le soir, direction le replay d'Arte en ce dimanche après-midi avec le premier épisode de cette trilogie. Alors, cette série vaut-elle le coup ou non ?

Cette semaine, le pied du danseur sera mis à l’honneur et nous commençons bien sûr avec de la danse classique.

Les 10 premières minutes font l’apologie du pied dans le travail de la danse classique. On peut voir Marie – Agnès Gillot et Benjamin Millepied.

Marie – Agnès Gillot va nous expliquer comment faire une jolie pointe et nous expliqueras surtout d’un danseur passe pas mal de temps à préparer son pied avant de se retrouver dans un chausson. Elle nous apprend également qu’une épaisseur de 5mm sépare le pied d’un danseur classique du sol. Les jeunes filles apprenant la danse classique commence à faire des pointes dès l’âge de 7ans. Elles souffrent mais veulent apprendre ! Un peu paradoxal tout cela ! Benjamin Millepied quant à lui va nous parler de l’importance des pointes. Une chose à retenir : une danseuse qui fait des pointes doit le faire en silence ! Vous connaissiez : « Il faut souffrir pour être belle » ? Et bien en danse « Il faut souffrir en silence pour faire de belles pointes »

Marie-Agnès Gillot nous rassure en disant qu’après des années d’entrainement, une danseuse ne souffre plus en faisant des pointes. Les muscles du dos vont aider à rétablir l’équilibre qui sera perdu lorsqu’on passe en pointe. Nous allons avoir l’honneur qu’elle nous explique comment faire de belles pointes !

En parallèle, avec la danse classique, on nous raconte l’histoire de la danse hip-hop où l’on voit apparaitre de plus en plus de mouvement où on utilise la pointe de son pied. Bilan : même en basket, on peut faire des pointes, tout en silence aussi.

Let's dance: quel pied!

Après 10 min, nous voilà lancé dans l’histoire du pied dans la danse.

Ainsi, on nous parle de Isadora Duncan qui est celle qui inventera la danse moderne en décidant de danser pieds nus ! En 1900, elle veut passer outre les règles strictes imposées de la danse classique. En étant pied nu, on est plus ancré dans le sol, ainsi naquit la danse moderne, développée par Martha Graham. En 1960, on évolue encore avec la naissance de la danse postmoderne, art de la contestation, notamment avec Anna Halprin.

Du pied nu, au talon, il n’y a que quelques centimètres et nous voila parti sur l’histoire de l’importance de la chaussure dans certaines danses. Nous passerons ainsi de Paris à New York, notamment avec le mouvement hip-hop et le breakdance qui naît dans un contexte social bien précis, celui de la crise dans les banlieues américaines à la fin des années 70. C'est ainsi que l'on s'aperçoit que la danse change des vies. Les breaker nous exposent leur philosophie, en particulier leur relation avec le sol et la ville. Voilà un aspect méconnu de cette danse que l'on est ravi d'apprendre!

Anna Halprin, chorégraphe, dit que la chaussure n'est pas qu'un ornement, c'est une continuité dans la personne. Le documentaire évoque à ce moment là la danse indienne, les claquettes, le flamenco ou encore la danse des mineurs sud africains, le gum boots. Chacune de ses danses fait du pied un instrument de musique où le pied va même jusqu’à diriger la musique, le danseur devient percussionniste. La danse indienne se danse pied nu mais le pied est en résonance parfaite avec la musique. Chaque son à son mouvement de pied. Une danseuse indienne mettra ses pieds en valeur en les peignant mais priera aussi Shiva, le dieu de la danse. Le flamenco devra se danser avec un escarpin parfait. La bride permettra de ne pas perdre la chaussure et le talon devra être assez haut et assez épais pour faire raisonner le claquement de celui-ci. Le gum boots se danse quant à lui en botte et s'inspire du travail des mineurs sud africains qui faisaient claquer leurs bottes pour se motiver, ce qui deviendra un spectacle sous l'égide des propriétaires blancs. On voit ici le lien entre le pied, le bruit qui sert à communiquer avec la terre : le bruit du pied sur le sol, c'est celui de la nature. On regrette juste l'absence des claquettes dans ce passage ! Un petit Fred Astaire nous aurait fait plaisir!

Let's dance: quel pied!

De la chaussure, on en arrive aux différentes formes de chaussures pour danser. Et on ne pouvait pas ne pas parler de Pina Baush qui fera danser ses danseuses en talon de 12 cm ! Pour elle, le talon est symbole de féminité et oppose la force de la femme contre le fragilité car courir en talon pour échapper à quelque chose ce n’est pas facile. Dans les chorégraphies de Pina Bausch et notamment dans Kontakthof de 1987, le bruit des talons est très importants.

Et comment ne pas parler de talon sans parler de Louboutin ! Ce dernier nous avoue avoir commencé à dessiner des chaussures en pensant aux danseuses du crazy horse. Il fait le lien entre la cambrure du pied et la sexualité, notamment avec Octopus de Philippe Decouflé. La chaussure devient érotique, objet de fétichisme.

Les 10 dernières de cet épisode sont pour moi hallucinante ! On voit en effet Steven Colen, un américain à la tête peinte marcher avec des chaussures avec un talon de 20 cm et avec pour plateforme un crane humain…

Enfin, j’ai été conquise par le début de cette série qui part d'un thème pour brasser toutes les danses et nous en apprendre davantage sur son histoire. J’attends maintenant le prochain que je regarderai aussi en replay car comme trop souvent la danse est diffusée trop tard à la télé !

Marine Poyard

Tag(s) : #Télévision

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