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Nederlands Dans Theater: les hollandais volants.

La venue du Nederlands Dans Theater au Théâtre de Chaillot est un événement qui ne s’était plus produit depuis 2006. Considérée comme l’une des meilleures compagnies de danse contemporaine, la troupe hollandaise, basée à la Haye, mérite-t-elle ce concert d’éloges ?

Le spectacle ouvre avec Mémoires d'oubliettes (bel oxymore), dernière pièce crée par Kylian pour le NDT en 2009. Cette pièce est énigmatique. Sur scène, les mouvements des danseurs sont rythmés par les notes de la musique d’Haubrich, tel des automates ou des animaux, comme ce moment où l’un des danseurs se transforme en chien et joue avec un chiffon. Oui, il faut s’y faire, l’absurde est très présent, il ne faut pas s’étonner de voir les danseurs en tutu, un balayeur pousser avec son balai des boîtes de conserves de façon obsessionnel, des membres difformes (grandes oreilles, grandes mains). Les transitions se font en passant un rideau de fil avec lequel s'amuse les danseurs .La pièce s’achève sur un grand fracas de canettes qui tombent du ciel. Cette pièce est mystérieuse mais envoûtante.

Photo: Joris Jan Bos

Photo: Joris Jan Bos

Solo écho n’a de solo que le titre. Chorégraphié par Crystal Pite, magnifié par la musique de Brahms et cette neige qui tombe sans s’arrêter, Solo écho se distingue par la force de son ensemble, tout d’abord dans l’enchaînement de ses duos, puis quand les sept danseurs réunis ne forme qu’un. Les danseurs unis les uns aux autres forment une vague discontinue que rien ne semble pouvoir séparer. Les mains se joignent, les corps se meuvent, s’élèvent et tombent ensemble. Sept danseurs venus d’horizons différents qui font corps, c’est cela le NDT.

Puis vint l’ultime instant de grâce, celui qui justifie de venir à ce spectacle : Shoot The Moon, chorégraphie de 20 minutes de Sol Leon et Paul Lightfoot. Sur la musique de Philipp Glass l’on voit des couples, aux costumes qui fleurent bon la nostalgie, s’aimant et s’entredéchirant dans une chambre (d’hôtel). Pour mettre en scène les différents couples, le décor tourne mais reste uniforme, le même papier peint, la même porte, la même fenêtre. Au-dessus, des écrans nous montrant « l’envers du décor ». Ces films muets en noir et blanc ne sont pas sans nous faire penser à de l’expressionnisme allemand. Mais si véritable expression il y a, c’est dans la chorégraphie des danseurs, très intense émotionnellement pour le spectateur. Les couples se retiennent, se retrouvent, s’aiment et se haïssent. L’amour en danse c’est Shoot the moon.

Si l’on excepte les trop longs (mais compréhensibles) entractes, ce spectacle du NDT est une pure merveille. Ce dimanche, j’ai vu des hollandais volant mon cœur.

Photo: Joris Jan Bos

Photo: Joris Jan Bos

Tag(s) : #Spectacle, #Critique

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