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La Danse Macabre

Qu'est-ce que la danse macabre ?

La Danse Macabre où Danse de la Mort (du latin de chorea macabæorum) est un art pictural religieux apparu au Moyen-âge (14e/15e) qui représente de façon allégorique l'universalité de la mort, qui frappe sans distinction sociale, d'âge et de sexe. Cet art s'inspire de ce qu'on appelait les Mystères, qui consistait en une pièce de théâtre où la Mort dialoguait avec 24 personnes, de la plus faible à la plus puissante, jusqu'au Pape. Il faut savoir que la France est encore traumatisée à l'époque par la Peste noire et la Guerre de cent ans et que la réflexion sur la mort est alors très forte. La Danse Macabre, comme les vanités deux siècles plus tard, appelle l'homme à plus d'humilité, peu importe sa condition et dénonce sa vanité.

Deux vitraux réalisés par Alfred Mahlau

Deux vitraux réalisés par Alfred Mahlau

En quoi cela consiste et où les trouve-t-on?

Il s'agit d'un tableau qui représente la Mort sous forme de squelette ou de faucheuse dialoguant avec différentes personnes ou les entraînant dans une sarabande mortelle. On peut apercevoir ces iconographies dans des églises, des cimetières ou des vitraux. Cet art a évolué à la Renaissance avec Hans Holbein qui mit en scène la Mort dans le quotidien, intervenant peu importe le moment (travail, fête...). En France, vous pouvez voir des danses macabre à Angers, Blois, Cherbourg, Strasbourg...

Gravure de Hans Holbein

Gravure de Hans Holbein

Quel est son héritage?

La danse macabre a inspiré les poètes comme Baudelaire où les musiciens tels Liszt, Saint Saëns où plus récemment Iron Maiden ! Bergman s'inspira du thème de la Danse Macabre dans son film Le Septième Sceau.

Fière, autant qu'un vivant, de sa noble stature,
Avec son gros bouquet, son mouchoir et ses gants,
Elle a la nonchalance et la désinvolture
D'une coquette maigre aux airs extravagants.

Vit-on jamais au bal une taille plus mince ?
Sa robe exagérée, en sa royale ampleur,
S'écroule abondamment sur un pied sec que pince
Un soulier pomponné, joli comme une fleur.

La ruche qui se joue au bord des clavicules,
Comme un ruisseau lascif qui se frotte au rocher,
Défend pudiquement des lazzi ridicules
Les funèbres appas qu'elle tient à cacher.

Ses yeux profonds sont faits de vide et de ténèbres,
Et son crâne, de fleurs artistement coiffé,
Oscille mollement sur ses frêles vertèbres.
O charme d'un néant follement attifé.

Aucuns t'appelleront une caricature,
Qui ne comprennent pas, amants ivres de chair,
L'élégance sans nom de l'humaine armature.
Tu réponds, grand squelette, à mon goût le plus cher !

Viens-tu troubler avec ta puissante grimace,
La fête de la Vie ? ou quelque vieux désir,
Eperonnant encore ta vivante carcasse,
Te pousse-t-il, crédule, au sabbat du Plaisir ?

Au chant des violons, aux flammes des bougies,
Espères-tu chasser ton cauchemar moqueur,
Et viens-tu demander au torrent des orgies
De rafraîchir l'enfer allumé dans ton coeur ?

Inépuisable puits de sottise et de fautes !
De l'antique douleur éternel alambic !
A travers le treillis recourbé de tes côtes
Je vois, errant encor, l'insatiable aspic.

Pour dire vrai, je crains que ta coquetterie
Ne trouve pas un prix digne de ses efforts ;
Qui, de ces coeurs mortels, entend la raillerie ?
Les charmes de l'horreur n'enivrent que les forts !

Le gouffre de tes yeux, plein d'horribles pensées,
Exhale le vertige, et les danseurs prudents
Ne contempleront pas sans d'amères nausées
Le sourire éternel de tes trente-deux dents.

Pourtant, qui n'a serré dans ses bras un squelette,
Et qui ne s'est nourri des choses du tombeau ?
Qu'importe le parfum, l'habit ou la toilette ?
Qui fait le dégoûté montre qu'il se croit beau.

Bayadère sans nez, irrésistible gouge,
Dis donc à ces danseurs qui font les offusqués :
« Fiers mignons malgré l'art des poudres et du rouge,
Vous sentez tous la mort ! O squelettes musqués,

Antinoüs flétris, dandys à face glabre,
Cadavres vernissés, lovelaces chenus,
Le branle universel de la danse macabre
Vous entraîne en des lieux qui ne sont pas connus !

Des quais froids de la Seine aux bords brûlants du Gange,
Le troupeau mortel saute et se pâme, sans voir
Dans un trou du plafond la trompette de l'Ange,
Sinistrement béante ainsi qu'un tromblon noir.

En tout climat, sous tout soleil, la Mort t'admire
En tes contorsions, risible Humanité,
Et souvent, comme toi, se parfumant de myrrhe,
Mêle son ironie à ton insanité ! »

Charles Baudelaire, Danse Macabre.

Et vous, aimez-vous cet art particulier?
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Tag(s) : #Peinture

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