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Chercheuses d'or: un trésor du cinéma.

Inspiré d'une comédie musicale de Broadway, Chercheuses d'or a connu plusieurs versions au cinéma. Intéressons-nous à la version de 1933 réalisée par Mervyn LeRoy et avec la sublime Ginger Rogers qui n'était pas encore la star de la RKO. Chercheuses d'or mérite-t-il d'être vu ? Sans conteste : oui. Voici pourquoi.

Chercheuses d'or: un trésor du cinéma.

Barney Hopkins est un producteur de comédies musicales. Alors qu'il est en répétition avant la première, les huissiers viennent saisir son décor. Le spectacle tombe à l'eau et les danseuses dont Fay, Trixie, Polly, Carol, sont alors au chômage. Quelques temps plus tard, Barney vient revoir les danseuses sans emploi pour leur proposer un nouveau spectacle. Pendant qu'il leur parle de sa nouvelle création, Brad, le voisin des jeunes femmes et accessoirement l'amoureux de Polly, joue du piano chez lui. En l'entendant, le producteur est conquis par le pianiste, qui est aussi un excellent chanteur. Tout semble prêt pour le prochain spectacle mais le producteur a omis un léger détail : il n'a pas d'argent pour monter le spectacle ! C'est alors qu'à la surprise générale, Brad propose d'avancer l'argent. Il impose cependant une condition : il composera les chansons et les musiques mais ne montera pas sur scène. Mais d'où Brad sort cette argent ? Pourquoi ne veut-il pas monter sur scène ? A-t-il quelque chose à se reprocher ? C'est ce que croit Trixie qui pense qu'il a dérobé cet argent. Le soir de la première, le vieux jeune premier se bloque le dos et Brad est obligé de le remplacer. C'est un succès et le spectacle fait la une des journaux le lendemain. C'est alors qu'on apprend la vérité sur Brad : ce n'est point un voleur mais un riche héritier. Lorsque son frère apprend cela, il décide, en compagnie de son avocat, d'aller à New-York pour lui interdire de continuer le spectacle et d'épouser Polly. Mais lorsque les deux compères arrivent chez les jeunes femmes, ne sachant pas qui est Polly, ils la confondent avec Carol qui décide de jouer la comédie. Après quelques soirées, le frère de Brad tombe amoureux de celle qui croit être Polly. Quand il apprend la vérité, il est bien soulagé et accepte que les deux tourtereaux se marient, ce qu'il fait aussi avec Carol qui partageait son amour et son avocat avec Trixie qui voit plus en lui un pigeon. Tout est bien qui finit bien !

Chercheuses d'or: un trésor du cinéma.

Le scénario n'a rien de follement novateur mais le film n'en reste pas moins intéressant à plusieurs aspects.

Tout d'abord, si l'on a pu dire dans les précédents articles que la comédie musicale était un moyen d'échapper au quotidien, ce n'est pas le cas dans ce film puisqu'il s'ancre dans la réalité de l'époque : la Grande Dépression. Le film met en scène des danseuses au chômage qui ont du mal à payer leur loyer, des spectacles qui sont très difficiles à se monter... Le dernier numéro musical est d'ailleurs très explicite puisqu'il met en scène des ouvriers au chômage et des soldats. Est-ce pour autant un film grave ? Non évidemment. Chercheuses d'or n'est pas avare en situation comique, notamment de situation et les numéros musicaux (sauf le dernier) apporte de la légèreté et de la bonne humeur. On apprécie aussi la (légère) satire sociale. Le titre Chercheuses d'or rappellent que les actrices cherchent avant tout un bon parti (symbolisé par Trixie) et les hommes cherchent avant tout à passer du bon temps avec elle. Bien sûr la morale est sauve et le film se conclut sur le mariage (où sa promesse) des trois couples du film. Cette morale paraît, à l'inverse du contexte réaliste du film, un peu farfelu, tant il paraît improbable que des hommes de la haute société se marie avec des femmes à l'opposé de leur condition. Pour le reste, la mise en scène est assez classique et les acteurs sont bons. Ginger Rogers joue parfaitement sa partition dans le rôle de Fay Fortune (ça ne s'invente pas).

Chercheuses d'or: un trésor du cinéma.

Les numéros musicaux sont peu nombreux (quatre) mais vraiment réussis grâce à la maestria de Busby Berkeley. Deux numéros retiennent notre attention. Le premier est Pettin' in the Park, un numéro assez cocasse où un bébé (joué par un homme de petite taille) lance des cailloux sur des policier et prend la fuite en patin à roulettes. Il y a aussi une part de sensualité lorsque les danseuses , trempées par une averse, se déshabillent derrière un rideau qui ne laisse transparaître que leur ombres. Le « bébé » soulève alors le rideau et les femmes apparaissent vêtues de robes métalliques que les hommes n'arrivent pas à enlever. Le petit garçon donne alors un ouvre-boîte à Brad...

Nous retiendrons aussi le numéro final Remember My Forgotten Man dont nous avons parlé un peu plus haut qui s'inspire de l’expressionnisme allemand dans la gestion de la foule mais aussi de la marche des vétérans de 1932. Ce numéro est vraiment exceptionnel car il met en scène la misère de façon réaliste, chose que l'on n'attend pas vraiment dans une comédie musicale. On regrette alors le peu de numéro dans le film vu la qualité de ceux-ci.

Chercheuses d'or est vraiment un film intéressant qui s'éloigne de ce qu'on peut attendre d'une comédie musicale. Même s'il garde des aspects convenus, l'originalité du contexte et la qualité de ses numéros rendent le film très agréable ! Ne ratez pas ce trésor !

Hum Hum...

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Tag(s) : #Film musical, #Analyse

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